Programme : Les savoirs de base, par Nicole Blot du CRIA (centre de ressources, illettrisme et alphabétisation)

Intervention d’Evelyne P., bénévole au CLEP (culture, lecture, écriture et parole), association des restos du cœur.

Les documents distribués :

* la plaquette du CRIA

* tableau des compétences: comprendre-parler-écrire pour chacun des niveaux de A1 à C2

* les écrits authentiques du quotidien

* le livret ‘espace bénévolat’

* le bénévole se situe dans un espace […]

Présentation du CRIA (Centre de Ressources Illettrisme et Analphabétisme)

Dans chaque département, il y a un CRIA financé par la Région. Dans l’Indre, le CRIA est intégré aux PEP. Pour information, cette année la région a décidé d’appuyer la formation des formateurs bénévoles. Les ateliers linguistiques de bénévoles existent depuis longtemps, en particulier dans les quartiers, mais on s’est aperçu qu’il y avait également un réel besoin en zone rurale.

Présentation de l’activité de Nicole Blot au CRIA

Quelques-uns de ses différents rôles :

– former des bénévoles + les accompagner dans leur pratique

– tester le niveau des apprenants qui participent à un atelier (bilan de compétences :lecture, écriture, calcul, utilisation de l’outil informatique etc…)

– former les prescripteurs c’est à dire ceux qui travaillent au contact de ces personnes qui pourraient bénéficiées de formation, afin qu’ils apprennent à les repérer pour les orienter.

Tour de table :

  • ARLETTE : professeure d’anglais retraitée. Elle a toujours voulu faire un stage FLE et a participé à celui de l’Illettrisme organisé par les PEP.

  • AGNES : D.U. FLE à la Nouvelle Sorbonne. Elle s’interroge sur la façon de concilier les contraintes personnelles et les besoins des apprenants. Elle voudrait savoir quelle formation les migrants vont avoir avec les formateurs et quelle est notre place en tant que bénévole.

  • MONIQUE : ex-Maire de Thenay. A déjà monté un atelier alphabétisation qui marche toujours. Très proche des gens du voyage.

  • BETTY : motivée de par ses origines portugaises. Elle a été confrontée au problème de la langue étrangère et a aidé ses parents. Elle tient à apporter une aide aux autres.

  • CHARLOTTE : S’est trouvée dans le privé face à des enfants étrangers qui ne parlaient pas français. Elle a rencontré une dame qui a mis au point une méthode pour les sourds et muets (qui par ailleurs fait des « conférences gesticulées ») Elle veut partager du culturel.

  • CELINE : professeure de SVT qui a été confrontée aux gens du voyage en classe et s’est trouvée démunie.

  • PIERRE : traducteur littéraire Suédois/Français. Veut s’engager pour des personnes qui ont une culture différente et apprendre d’eux.

  • CATHY L : prépare le diplôme FLE avec l’Alliance Française. Elle a eu une expérience avec des enfants qui parlaient espagnol et marocain l’an dernier.

  • MARGOT : elle est intéressée à l’idée de s’intégrer à un groupe pour aider les migrants. Sa question est de savoir comment faire /agir/réagir face à des gens qui ne connaissent aucun mot de français. Elle ne transigera pas sur le fait d’être une femme et s’affirmera en tant que telle, quelles que soient les réticences des hommes migrants.

  • CATHERINE : très affectée par ce qui se passe en Syrie, un pays qu’elle connait bien. Elle aimerait aussi apprendre leur langue.

  • YANNICK : il pense que c’est une belle aventure humaine que d’aller vers les autres.

  • CATHY G : Elle trouve la recherche de communication avec les étrangers intéressante. Elle pense qu’il faut anticiper car on sera de plus en plus appelés à vivre avec des migrants. Elle s’est déjà beaucoup investie avec les gens du voyage. Elle s’interroge sur la disponibilité des formateurs bénévoles.

Nicole dit que le Ministère de la Cohésion Sociale a doublé les fonds pour 2016 car l’arrivée des migrants va se faire ailleurs qu’à Châteauroux. Est-ce que certains viendront à Argenton ? Personne ne le sait et il faut suivre l’adage : il est urgent d’attendre. Buzançais qui a été sollicitée pour accueillir dans l’ancienne gendarmerie désaffectée refuse de loger des migrants dans des locaux insalubres. Bourges a accueilli un flot de migrants de Calais. Une ou deux familles sont arrivées au Poinçonnet. Un groupe de 12 ou 13 migrants Calaisiens a été reçu au foyer COALLIA de Châteauroux mais l’approche culturelle semble compliquée. Les hommes ont des problèmes vis-à-vis des femmes françaises. Ce choc de cultures pose la question du qui change la culture de qui et jusqu’où.

La question de la femme est importante. Les bénévoles féminines les plus âgées ont moins de mal à intervenir que les plus jeunes. Chez les réfugiés, toutes les femmes n’ont pas accès à la participation à l’alphabétisation. Un réfugié âgé n’accepte pas que son/ses épouse(s) participent aux ateliers. C’est très variable selon la culture, leur façon de vivre dans le foyer, s’ils ont des enfants ou non. On ne peut se détacher du besoin réel de la personne au moment T. Margot et Arlette refusent de faire quelque concession à ce niveau.

Quels sont les dispositifs pour les migrants ?

Quand la personne a obtenu le statut de réfugié politique, il a droit de séjourner durablement et légalement sur le territoire. Il a droit au contrat d’accueil et d’intégration fourni par l’état (OFIE). Trois mois après ils sont convoqués à Orléans (ou ailleurs) où ils passent une visite médicale, bénéficient de l’aide d’un interprète, subissent un mini test de langue avec possibilité de 250 heures de langue obligatoires offertes par l’état.

L’ OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) instruit le dossier de demande d’asile et il faut alors prouver qu’on est en danger dans un pays (ex : la Syrie)

Qu’est-ce qu’on leur apprend ?

à communiquer

> commencer par la présentation, les règles de politesse

les sons

le genre des noms

> associer toujours un nom avec un article

pour commencer utiliser des termes génériques

> par exemple : sac pour cartable, pour cabas…

identifier les besoins des apprenants

> se poser la question de ce que nous, à leur place, nous aurions besoin d’apprendre.

> puis préciser les besoins dès que l’on commence à les connaître

se référer aux niveaux de compétences décrits par le Cadre Européen Commun de Référence pour les langues (CECR). [se référer au document distribué: tableau des compétences: comprendre-parler-écrire pour chacun des niveaux de A1 à C2.]

donner la priorité à l’oral pour commencer

> travailler l’oral de manière pédagogique (oral pédagogique) :

* un oral « pur » (sans transcription) pour entraîner l’écoute

* définir des objectifs d’une séance

* limiter l’apport du vocabulaire

* travailler la discrimination des sons (prononciation-phonétique)

* permettre aux apprenants de s’exercer longtemps sur chaque savoir-faire par l’intermédiaire d’exercices variés

exemple la présentation : se présenter, travailler l’interaction : demander-répondre par deux, présenter les autres.

Comment s’y prendre pour enseigner le français ?

apprendre à apprendre

> l’objectif est l’autonomie de l’apprenant dans son apprentissage

travailler par thème

> se présenter, aller chez le médecin…

faire manipuler les apprenants

> par exemple utiliser des cartes avec le radical du verbe et les terminaisons du présent que les apprenants manipulent pour former le verbe complet à toutes les personnes

apprendre ce n’est pas toujours être assit à une table

> par exemple faire se mettre les apprenants dos à dos pour travailler la compréhension orale, de manière à ce qu’ils ne puisse pas utiliser l’expression du visage de l’interlocuteur comme indice.

jouer

> adapter des jeux comme le jungle speed, le pendu….

utiliser les écrits du quotidien [se référer au document distribué: les écrits authentiques du quotidien]

> par exemple un formulaire, un calendrier, un article de journal, etc.

S’organiser entre bénévoles

Se coordonner

> par exemple: utiliser un cahier de liaison, un fichier en ligne….

prévoir les absences et les vacances de chacun-es

Quel est le rôle du bénévole ? Comment se situe son action par rapport à celle des professionnels de la formation linguistique ?

[se référer aux documents distribués: le livret ‘espace bénévolat’ et Le bénévole se situe dans un espace ….]

Où ?

– les séances peuvent avoir lieu à l’extérieure d’une salle de formation, dans un salle sans table….

– dans un lieu neutre (ni chez l’apprenant, ni chez le bénévole)

– pour les bénévoles qui hébergent des apprenants, mieux vaut séparer les temps formels d’apprentissage, des temps informels (éviter de faire l’école à la maison)

Combien de temps ? A quelle fréquence ?

– donner des cours de 1 heure et demie à 2 heures

– 3 fois par semaine

Quelques erreurs à ne pas commettre :

reprendre les apprenants sur des erreurs de prononciations, de syntaxe alors que l’on comprend ce qu’ils disent. Ils pourraient ne plus oser prendre la parole.

> plutôt prévoir un exercice qui cible les erreurs que l’on remarque (par exemple un exercice de prononciation pour discriminer le /f/ et le /v/ à l’aide de vidéos puis en proposant à l’apprenant de s’enregistrer avec son portable afin qu’il puisse comparer sa prononciation avec celle d’un francophone)

accaparer la parole, ce sont les apprenants qui doivent parler (se mettre en retrait)

permettre à l’apprenant d’utiliser un traducteur en ligne pendant les cours

utiliser une langue intermédiaire (partagé par le bénévole et l’apprenant)

> privilégier l’apprentissage du français en français avec l’aide de geste, de mimique et de mots choisis

un apprenant pour un bénévole

> éviter qu’un apprenant travaille toujours avec le même bénévole pour ne pas créer de dépendance, cependant un apprenant a tout de même besoin de référents, l’idéal serait que ce soit toujours les mêmes 2/3 bénévoles qui interviennent auprès d’un même apprenant.

donner des devoirs à la maison à des apprenants qui n’en sont pas demandeur

laisser les apprenants les plus à l’aise répondre systématiquement

> utiliser par exemple un bâton de parole : les apprenants les plus à l’aise comprennent ainsi qu’ils ne doivent pas monopoliser la parole, de plus le bénévole peut aussi donner le bâton pour inciter un apprenant.

Les difficultés auxquelles nous risquons d’être confrontés :

les différences de niveaux dans un groupe

> être 2 par intervention pour parfois diviser le groupe

le manque d’assiduité des apprenants

Quelques définitions :

Analphabétisme

Illettrisme

Pour information voici le règlement du CLEP :

Ici on parle uniquement français

Un cahier est donné à chaque apprenant

Le téléphone portable n’est pas utile (Google traduction etc…)

En cas d’absence : prévenir

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